Salmson AL (1921)

Publié le par Boris Bourget

Salmson
                    France       

Le coup de pouce de l'aviation

 
 
 
FICHE TECHNIQUE
Marque: Salmson Allumage: Magnéto
Type: AL Transmission: 3 rapports
Moteur: 4 cylindres en ligne Pneumatiques: 700  x 80
Cylindrée: 1100 cm³ Empattement: 260 cm
Alésage x course: 62  x 90  mm Voie AV / AR: 108 cm / 108 cm
Puissance: 20 ch à 2800tr/min Longueur: 350 cm
Alimentation: 1 carburateur Poids: 400 kg
Distribution: Soupapes en tête Vitesse maxi 85 km/h
 
 

SON PRIX EN 1922

Châssis cyclecar : 8 600 francs.

Châssis voiturette : 8 950 francs.

Cyclecar carrossé tourisme : 9 600 francs.

Cyclecar Sport (avec pointe) : 10 600 francs.

Voiturette carrossée tourisme : 9 950 francs.

Vouturette Sport : 10 950 francs.

Trois-places 1922 : 10 600 francs.

Trois-Places 1923 : 10 950 francs.

 

C'est grâce à l'extraordinaire croissance de l'industrie aéronautique pendant les années de guerre que naît la marque Salmson, qui construit des cyclecars en nombre durant les années vingt.

 

Sportive, ambitieuse, avant-gardiste, la firme créée en 1913 par Emile Salmson devait avant tout imaginer et produire des moteurs performants pour cette nouvelle industrie qu'on allait appeler l'aviation. Pendant les années de guerre, les 9 000 employés de la Société des moteurs Salmson fabriquèrent 4 000 moteurs et plus de 3 000 avions. Émile Salmson, son créateur, devait décéder en 1917, laissant derrière lui des usines très importantes en matériel et en potentiel humain.

RÉEMPLOYER LE POTENTIEL INDUSTRIEL

L'Armistice de 1918 ralentit considérablement la construction des moteurs d'avions. Que faire pour utiliser ce potentiel technique considérable, si ce n'est construire des petites voitures sous la nouvelle norme des cyclecars, catégorie de véhicules qui devait peser 350 kg au maximum, posséder 3 ou 4 roues et une cylindrée ne dépassant pas l 100 cm3 ? Bénéficiant des liens passés avec les Alliés pendant la guerre, Salmson commence par produire sous licence britannique les cyclecars GN, conçus donc en Grande- Bretagne. La fabrication débute en 1919 dans les vastes installations de Billancourt, à côté de Paris. C'est le succès immédiat, favorisé par quelques victoires en compétition. Mais la véritable histoire de Salmson débute en 1921, quand André Lombard, pour le châssis, et Emile Petit, pour le moteur, établis- sent les plans d'une voiturette à moteur 1 100 cm3. C'est la première vraie Salmson, qui prend la dénomination Type AL, qui sera fabriquée de 1922 à 1928, avec certaines améliorations au fil des ans.

 

SUCCÈS SUR ROUTE ET EN COURSE

Le succès de ce Type AL, selon André Lombard son créateur, réside dans sa fonctionnalité, sa simplicité et son faible coût de revient. Mais ce ne sont pas les seules raisons. Il faut savoir qu'à la même époque, Salmson a mis en chantier une redoutable voiture de course à moteur 1 100 cm3 égale- ment, mais à double arbre à cames en tête. Cette automobile bien née remporte course sur course. A l'époque, on court beaucoup: en côte, en circuit, en rallye, de vi11e à ville. Il existe même une compéti- tion qui récompense la voiture la plus lente! Cette course étonnante, que le Tout-paris ne manquerait sous aucun prétexte, c'est la course " au ralenti " qui grimpe sur la butte Montmartre, par la rue Lepic. Dans toutes ces compétitions, sérieuses ou non, Salmson se couvrira de lauriers : Grand Prix des voiturettes à Boulogne-sur-Mer, Grand Prix des cyclecars au Mans, Trophée Armangue en Espagne. Côté records de vitesse pure, ce n'est pas mal non plus, puis qu'une Salmson en établit celui de la catégorie 1 100 cm3 à plus de 153 km/h! En 1925, Salmson remporte le Grand Prix de San Sebastian, en Espagne. En 1927 et 1928, Salmson est de nouveau à l'honneur en recevant par deux fois la Coupe RudgeWhitworth, attribuée pour ses prestations aux 24 Heures du Mans. Mais loin des circuits, on verra longtemps les petites Salmson Type AL circuler sur les routes de France. On les reconnaît de loin dans les campagnes ou dans les villes grâce à la croix de Saint- André qui barre, tel un X majuscule, leur radiateur.

 
 

YVES GIRAUD-CABANTOUS

Sous ce nom, qui fleure bon le ter- roir, se cache un pilote de Formule 1 entré dans l'Histoire pour avoir été le premier français à marquer des points au Championnat du Monde  des conducteurs. C'était lors du premier Grand prix, en Angleterre de le 13 mai 1950. Yves Giraud- Cabantous terminait 4é, sur sa Talbot, lui, un ancien de l'aviation qui avait débuté sur... Salmson  1 100 cm3 en 1925.

   

LE FLAIR D'UN INDUSTRIEL

Avant 1913, Émile Salmson était spécialisé dans la robinetterie industrielle et le matériel de travaux publics. Sa rencontre avec deux ingénieurs qui possédaient dans leurs cartons les dessins d'un moteur en étoile pour l'aviation fut dêterminante. Émile Salmson décida de les financer et de créer sa société en 1913, juste avant le début du sanglant premier conflit mondial, qui allait donner un essor décisif à l'aviation et faire le succès de Salmson.

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