Renault Primaquatre (1931)

Publié le par Boris Bourget

Renault

Primaquatre         France 

Puissance et légèreté

 
 
FICHE TECHNIQUE
Marque: Renault Allumage: Batterie et bobine
Type: KZ6 1931 Transmission: 3 rapports
Moteur: 4 cylindres en ligne Pneumatiques: 120 x 45
Cylindrée: 2 120 cm³ Empattement: 265 cm
Alésage x course: 75   x 120   mm Voie AV / AR: 130 cm / 130 cm
Puissance: 35 ch. à 2900tr/min Longueur/Largeur: 370 cm /145 cm
Alimentation: 1 carburateur Zenith 30 TG Poids: 1 050 kg
Distribution: Soupapes latérales Vitesse maxi 105 km/h
 
 

SON PRIX D'ÉPOQUE

Berline (1931) : 24 200 francs.

Coupé (1931) : 20 900 francs.

Torpédo 5 places (1931) : 20 900 francs.

Berline Luxe (1931) : 24 200 francs.

Berline Commerciale 500 kg (1931) : 21 900 francs.

Torpédo Commercial (1931) : 19 500 francs.

Berline Luxe (1935 Type KZ 24) : 20 500 francs

 Berline Grand Luxe (1935 Type KZ 24) : 21 900 francs

 Cabriolet 2/3 places (1935 Type KZ 24) : 25 000 francs

Coach décapotable 4 places (1935 Type KZ 24) : 26 500 francs.

Berline commerciale 500 kg. : 20 100 francs.

Berline Luxe sans malle (1938 Type BDF 1 et BDF 2) : 24 000 francs.

Berline Grand Luxe avec malle (1938 Type BDF 1 et BDF 2) : 25 500 francs.

Cabriolet 2/3 places (1938 Type BDF 1 et BDF 2) : 31 500 francs

 Coach décapotable (1938 Type BDF 1 et BDF 2) : 33 000 francs.

 

Le 29 décembre 1930, Louis Renault, accompagné de son fidèle Charles Edmond Serre, convoque, sur l'immense site industriel de Billancourt, les agents et concessionnaires de la marque au losange, afin de leur faire découvrir la nouvelle quatre cylindres maison, codée KZ6, bientôt baptisée Primaquatre.

 

À l'aube des années trente, la grande usine de l'île Seguin, située en bordure du Bois de Boulogne, au sud-ouest de Paris, est édifiée avec passion selon les directives de Louis Renault. Mis en service dès la fin de 1929, ses ateliers accueillent chaque jour 30 000 ouvriers qui rejoignent les commandes des 15 000 machines-outils nécessaires à la production de environ 30 000 véhicules par an.

UNE CONSTRUCTION EN PUZZLE

La conception de la Primaquatre relève du puzzle. Pour gagner en vivacité, les ingénieurs maison greffent la mécanique 10 ch. de la volumineuse KZ sur le châssis de la Monasix, lequel supporte une carrosserie de dimensions modestes.

Une formule simpliste mais efficace qui peut se résumer ainsi: moteur puissant + caisse légère = surpuissance et comportement positivé. Le châssis de la Prima- quatre, comme nous l'avons déjà mentionné, provient de la Monasix, châssis lui-même issu de la 6 CV NN.

L'architecture consiste en deux longerons en forme de U, réunis par cinq barreaux et une entrecroise à l'arrière, l'essieu avant est du type rigide, suspendu par deux ressorts semi elliptiques, le pont arrière banjo est coiffé d'un ressort transversal à lames. Malheureusement, les freins à tambours restent tristement actionnés par des câb1es.

 

UNE MOTORISATION EPROUVEE

Fidèle à sa tradition de frilosité technique, Louis Renau1t fait appel, pour motoriser la Primaquatre, à une solution éprouvée, le quatre cylindres 11 ch., dont la conception remonte en effet à l'été 1919. Ce groupe, connu sous le code usine 85, connaîtra une carrière unique, puisque réalisé en 1935 ; (2 383 cm3, 52 ch.), il finira sa longue vie sous le capot des Renault Colorale. Pour l'heure, ce bloc aux soupapes latérales de 2 120 cm3 délivre 35 ch. au régime de croisière extrêmement paisible de 2 750 tr/min. Afin de contrer le brevet Chrysler du " moteur flottant ", adopté par son sempiternel concurrent André Citroën, Louis Renault lance la mécanique à " suspension amortie ". Des blocs de caoutchouc s'interposent entre le châssis et le bloc moteur a fin d'atténuer les vibrations parasites.
 

DE NOMBREUSE TENUES

 En quatorze années de carrière, la Primaquatre endosse plusieurs types de robe qui suivent l'évolution stylistique du temps. Les modèles 1932 reçoivent une calandre p1ate et des pare-chocs.

La mode de l'aérodynamisme conquérant, qui sévit pesamment en ce milieu des années trente, pousse les dirigeants de Renault à équiper la voiture d'un capot à volets et d'une calandre inclinée, cette dernière p1agiant celle de la Lincoln Zephyr de l'année modèle 1937. La gamme Primaquatre, prévue large, ne propose pas moins de onze modèles aux consommateurs durant sa longue présence sur le marché: berline de tourisme, ber1ine commerciale, cabriolet deux places, coach décapotable, coupé deux places, coach tous temps, faux cabriolet, torpédo tourisme, torpédo commercial, conduite intérieure, conduite intérieure deux portes. Les dernières Primaquatre quittent les ateIiers de l'île Seguin en 1945, uniquement carrossées en berline et enfin munies de freins hydrauliques Lockheed.

 

ENDURANCE!

En 1938, le constructeur de Billancourt organise une opération publicitaire afin de prouver la fiabilité de la voiture. Une berline Primaquatre s'élance sur l'autodrome de Montlhéry, et tourne sur l'anneau de ciment durant 50 longues heures à 131,060 km/h de moyenne. Citroën avait déjà mené de tels exploits au début des années trente.
 

COTE SUR LE MARCHE DE LA COLLECTION

Berline 1931 : de 12 000 F à 43 000 F (1 830 € à 6 555 €).

Cabriolet 1934 : de 30 000 F à 73 000 F (4 575 € à 11 130 €).

Berline 1936 : de 12 000 F à 44 000 F (1 830 € à 6 705 €).

Berline 1937 avec malle : de 13 000 F à 45 000 F (l 980 € à 6 860 €).

Cabriolet spider 1938 : de 35 000 F à 90 000 F (5 335 € à 13 720 €).

Berline 1939 : de 15 000 F à 50 000 F (2 285 € à 7 620 €)

 

RETOUR AU 4 CYLINDRES

En décollant sa gamme Prima- quatre, Louis Renault renoue ainsi avec les motorisations à 4 cylindres qu'il avait Imprudemment négligées en faveur des mécaniques 6 cylindres représentées par les modèles Monaslx ou vivace. Ce revirement technologique permet à la marque de Billancourt de lutter plus efficacement contre une Concurrente redoutable issue du quai de Javel, la citron C4.
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